Cinquantenaire 1962-2012
Min Djibalina - de Nos Montagnes


''Istiqlal - Indépendance'', une communion paradoxale de l'arabe et du français. Elle passait sans transition de bouche à oreille, suivi encore et toujours de ces youyous qui déclamaient à eux seuls la profondeur de ce que ressentaient comme fierté, sérénité et bien être, les gardiennes des valeurs identitaires face au devoir accompli de celles et de ceux qui ont lutté contre la puissance coloniale. Ces youyous étaient l’ultime médium pour expurger d’une façon définitive à la fois la colère, la rage, la rancœur et l'amertume longtemps contenues.

Qui pouvait imaginer à ce moment là, un seul instant que, plus que l'indépendance, la Liberté allait être confisquée ? Qui aurait pensé un seul instant que 50 ans plus tard cette indépendance vidée de la Liberté allait être ressentie, interprétée, vécue comme une coquille vide ? Qu'en auraient dit les Martyrs tombés au champs d'honneur?
Je me souviens, 36 ans plus tard, en juin 1998, avoir réuni une cinquantaine de jeunes gens et de jeunes filles parmi laquelle une douzaine devait être retenue pour un voyage organisé en France, plus précisément à Angers, à l'invitation d'une association algéro-angevine. Je voulais tester leur degré de connaissance de l’histoire du pays.
Ils connaissaient plus ou moins la période romaine, la période musulmane, la conquête française, les luttes pour la reconnaissance identitaire, et bien d’autres aspects de l’histoire de l’’Algérie mais ils avaient des lacunes de tailles en littérature, en poésie, en arts en général et notamment en tout ce qui était engagé.
Lorsque je leur ai demandé, quel était, selon eux, le plus beau chant patriotique algérien ? Certains répondirent spontanément ''Kassamen'' (l’hymne national) d’autres citèrent ''Djazairouna'' (Notre Algérie) mais au final tous s’accordèrent pour dire que c'est Min Djibalina (De nos Montagnes). Quelques-uns en connaissaient le refrain, d'autres le premier couplet et deux ou trois pouvaient le chanter tout entier. À la question de savoir qui en était l'auteur… ? Personne parmi les 50 jeunes ne le savait. Pourtant …
Ferid Chikhi
Texte original en arabe | Traduction française |
من جبالنا طلع صوت الأحرار ينادينا للاستقلال ينادينا للاستقلال، لاستقلال وطننا تضحيتنا للوطن خير من الحياة أضحّي بحياتي وبمالي عليك يا بلادي يا بلادي، أنا لا أهوى سواك قد سلا الدنيا فؤادي وتفانى في هواك كل شيء فيك ينمو حبه مثل النباة يا ترى يأتيك يوم تزدهي فيه الحياة نحن بالأنفس نفدي كل شبر من ثراك إننا أشبال أسد، فاصرفينا لعداك لك في التاريخ ركن مشرق فوق السماك لك في المنظر حسن ظل يغري ببهاك نحن سور بك دائر وجبال راسيات نحن أبناء الجزائر، أهل عزم وثبات كلمات محمد العيد آل خليفة | De nos montagnes est venu le chant de la liberté, qui appelle indépendance, qui appelle indépendance, l'indépendance de notre nation. notre dévouement à la nation est plus important que la vie; Je sacrifie ma vie et ma propriété pour vous. O ma nation, O ma nation, je n'aime personne tant que toi; mon cœur a oublié le monde, il est perdu dans ton amour. tout en toi grandis, son amour est végétal: puisse-t il un jour fleurir ! nous devons défendre de nos vies chaque fibre du sol: Fils de lions, appelez nous à votre aide. Votre est ce lieu qui éclaire les abîmes Votre est ce paysage grandiose, qui acclame votre beauté. Nous sommes le mur autour de vous, comme les montagnes: Nous sommes les fils d'Algérie, peuple résolu et confiant. |
Poème écrit en 1940 par Mohamed el Hadi Cherif poète de l'association des Oulémas.
Il devint un chant nationaliste algérien, chanté lors de la manifestation
du 8 mai 1945, à Sétif. Revu et adapté Mohamed-Laïd Al Khalifa