Un rappel entre deux segments
Depuis plus de quarante ans le débat sur la langue de travail et de communication fait rage. Hier, c'était l'arabe qui voulait s'implanter comme langue principale et il y a réussi mais en partie puisque l'arrivée de Tamazight sur le champs de la confrontation se fait pressant.
Avec l'adoption en 2008 de la loi sur l'éducation nationale, l'arabe a pris le dessus en laissant une toute petite marge de manœuvre à Tamazight mais l'adossement de la religion, l'Islam, dans le corpus d'enseignement n'est pas pour ouvrir les portes à d'autres langues qui ne sont même pas citées dans le texte sauf pour préciser que leur étude est possible.
Alors, en souvenir de ce débat qui faisait rage dans les années ''80, 90 et 00'', un petit rappel ...
Réminiscences … entre Youm el Ilm et le Printemps berbère
Ibn Badis et Jules Ferry
Choc de deux écoles, ou bilinguisme porteur ?
Publié le 10-03-1995. In Le Matin.
Révision et mise à jour avril 2013.
Le débat sur la généralisation de la langue arabe est encore une fois sous les feux de la rampe.

À ce stade du débat, n’est ce pas lui faire trop d’honneur – ainsi qu’à un grand nombre d’auteurs arabisants de facture médiocre – que de leur consacrer quelques mots dans la presse francophone algérienne ? N’est-il pas temps de faire l’économie de l’ingratitude qu’affichent au grand jour et de la rancœur - durable - que montrent grâce à la démocratie - ces personnages à l’égard des bilingues et des polyglottes algériens ?
Personne n’ignore que c’est grâce à la langue de Molière et de Descartes, de Flaubert et de Montaigne, de Balzac et de Jules ferry que leurs écrits ont dépassé les frontières du territoire national ? Sans la traduction de leur œuvre, en français faite par l’Institut des langues vivantes étrangères de l’université d’Alger, auraient-ils pu se faire connaître dans les pays arabes ?
En ce moment précis, leurs écrits en arabe ne sont même pas lu dans les pays frères des Proche et Moyen Orient.
Que dire de la généralisation de la langue arabe ? Je crois que pour inscrire le débat dans la durée et notamment dans les perspectives de l’an 2000, il serait intéressant de l’aborder par l’enseignement et globalement par l’éducation scolaire. Un grand nombre de mes camarades de l’époque et moi-même - dés le milieu de années ‘’50’’ et au début des années ‘’60’’ - avons eu l’avantage de fréquenter à Batna deux types d’écoles.
D’abord celle de Jules Ferry avec des enseignants comme Mrs. Arouas, Kharoubi, Karsenty (et ainsi que leurs noms l‘indiquent, c’étaient des juifs de Batna) ou encore Mrs. Deleuze, Charpentier, etc. qui étaient chrétiens, c’est ensuite celle d’Ibn Badis ou si vous préférez la Medersa, dont les enseignants parmi lesquels Cheikh Bendiab, Cheikh Tiar , Cheikh Hamami, Cheikh Benhassine, Cheikh Foudala, etc. nous ont à jamais fait découvrir notre algérianité, sans nier notre berbérité et notre islamité. Il faudra un jour leur rendre l’hommage qu’ils méritent.
Il existait bien sur d’autres enseignants aussi professionnels dans les autres établissements scolaires de la ville de Batna, l’école du camp, celle du stand, le Cours d’Enseignement Général (CEG) de la route de Biskra, le Collège de Batna et n’en déplaise aux partisans de la généralisation de la seule langue arabe, l’enseignement bilingue existait déjà et était à l’avantage de toutes les composantes - femmes et hommes - de la société Batnéenne. C’était un outil, un véhicule de valeurs, un repère d’évaluation des potentiels des jeunes de l’époque et de principes partagé par tous ceux qui voulaient s’instruire.

Dans ces livres et grâce aux leçons de nos enseignants nous avons appris où se situe la forteresse à l’Est de l’Aurès dénommée Djaffaa et qui étaient ses chefs Jadbas et Dihya - La Kahina - alors qu’à l’Ouest était la tribu à laquelle appartenait Koceïla et Ortheïas.
Nous avons aussi appris que les Juifs se sont installés dans notre pays, essentiellement à l’Est de l’Algérie, après la destruction du 2nd temple de Salomon, aux environs de l’an 52 avant JC. Que bien plus tard Tarik Ibn Ziad à la tête de douze mille guerriers amazighs a passé le détroit de Gibraltar pour arriver en Espagne, etc.
Pourquoi les musulmans ont-pris du retard et pourquoi les autres les ont devancés ?
L’enseignement d’Ibn Badis nous a familiarisé avec les déclinaisons de la grammaire et de la conjugaison en langue arabe, confirmé que l’Islam est par excellence la religion de la tolérance, de la paix, de la recherche de l’universalité, de la fraternité, et surtout qu’en plus de l’environnement colonial, il existait un autre monde plus complexe et non pas compliqué, plus structuré au double plan sociologique et culturel, fondé sur nos traditions et nos coutumes, avec nos fêtes religieuses - l’Aïd Es Seghir et l’Aïd El Kébir, El Mawlid Ennabaoui, Achoura, etc.

L’école fondamentale algérienne apprend elle tout cela à nos enfants ? L’enfant des Aurès, du Djurdjura, de l’Ouarsenis, etc. connait-il l’histoire de ses ancêtres, enseignée par cette école ?
Ce que nous avons appris à la Médersa d’Ibn Badis et à l’école de Jules Ferry constitue les graines de notre savoir à la fin de ce millénaire et nous sommes certains de ne point être diminué comparés aux autres occidentaux d’Europe. Parce que nous savons qui nous sommes et fiers de l’être.
En tout état de cause, il faut remercier les Moyens Orientaux, ceux qui sont les peuples du Machrek de nous appeler Maghrébins (qu’on ne se détrompe pas ce ne sont pas les européens qui les premiers l’ont fait. Pour ceux-là nous sommes des Nord Africains) ce qui donne traduit en français des Occidentaux, comme le sont les Turcs de l’autre côté de la Méditerranée. Avec la différence, que nous sommes musulmans, sachant que la majorité des peuples d’Occident sont chrétiens.
Alors que nous étions encore élèves nous avions emmagasiné énormément de connaissances. La Nation musulmane ? Oui, grâce à leur enseignement, nous savions déjà ce que c’était (elle se situe dans le Sud et va de l’Atlantique à l’Oural). Nous savions qu’il existe des peuples qui sont musulmans et ne parlent pas l’arabe (les Turcs, les Hindous, les Kirghiz, les Afghans, les Nigérians, les Iraniens, les Somaliens, et les 60.000.000 de Chinois, etc.).
La Nation Arabe ? Nous avons appris à la connaître comme on apprend à connaître toutes les autres nations. Ils nous ont appris qu’il existe des arabes Chrétiens et d’autres de confession israélite et par conséquent ils ne sont pas musulmans. Les premiers ont foi dans le Christianisme et Jésus Christ, les seconds dans le Judaïsme et en Moïse et les troisièmes ont foi en l’Islam et en Mohamed.
Ces enseignants, aujourd’hui, pour la plupart disparus, nous ont surtout appris à mieux nous connaître entre nous et à apprécier ce que sont les autres. Jamais, au grand jamais, aucun d’entre-eux ne nous a incité à abandonner l’enseignement de l’école coloniale. Malgré ce qu’il véhiculait comme rejet de nos racines. Je me rappelle de Cheikh Tiar et de Cheikh Bendiab qui s’inquiétaient de savoir si nous avions appris et notamment compris nos leçons de français. Mieux ils nous facilitaient la tâche pour remettre au lendemain l’apprentissage de leurs leçons afin de nous acquitter de celles du maître de français.

En salle ou dans la cour, nous étions comme dirait l’autre, mélangés. Faut-il croire qu’il y a cinquante ans, la société était plus avancée qu’aujourd’hui ?
En fait, ce qui était extraordinaire c’est surtout l’enseignement des valeurs, des principe et des règles de bonne conduite qui nous étaient dispensés par des hommes intègres, simples, modestes et pas du tout imbus de leurs personnes. Ceci nous a marqué à jamais.
Pour conclure rappelons-nous que le Président Boudiaf, allait terminer son discours du 29 juin 1992, par la fameuse question-titre (du livre écrit en 1939 part Chakib Arslane). Question qui restera sans réponse qui restera sans réponse, mais pour l’histoire méditons la, car elle sera toujours d’actualité en ce qu’elle est la seule piste authentique pour le véritable Ijtihad : Pourquoi les musulmans ont-pris du retard et pourquoi les autres les ont devancés ?
Ferid Chikhi
18-04-2013
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De Leïla Hamoutene,
Elle est animatrice d’ateliers d’écriture pour les jeunes et, en 1992, elle fait publier par l’ENAG, son premier ouvrage ‘’
Abîme’’, un recueil de nouvelles. En 2001, elle revient avec ‘’Sang et Jasmin’’ et en 2002 c’est un recueil de poèmes qu’elle nous livre : ‘’Enfantant algérien’’. En 2012 elle récidive avec un livre pour les jeunes sous le titre ‘’Sami et la planète bleue’’, publié chez les éditions Lazhari Labter. Elle, c’est Leila Hamoutène née Benlabed, récipiendaire du prix l’Escale littéraire depuis le 01 octobre 2015, avec sa dernière œuvre le Châle de Zeineb (Paru en 2014 aux éditions Casbah).
Une "saga" qui se déroule entre 1840 et 2012 en interpénétrant les portraits de plusieurs femmes algérienne. C’est à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, qu’elle nous fait revisiter le temps et qu’elle évoque l’histoire de l’Algérie. Des femmes algériennes ont vécu les moments dramatiques et les affres de l’occupation coloniale ainsi que ses conséquences sur la société et les familles. Elles ont par la suite subi les dysfonctionnements d’une période postindépendance fortement agitée par des anachronismes politiques et idéologiques qui auraient pu être évités. Fiction et réalité s’entrechoquent.
1840, une décennie après le début de l’occupation coloniale française. Une scène, le village de Ben Salem incendié. C’est là que commence le cauchemar de bien des Algériens dont les Ben Salem. Zeineb, fille de cette tribu, à peine âgée de sept ans, témoigne. Son père est parti se battre pour freiner les troupes françaises avant leur arrivée au village et donner le temps nécessaire aux villageois pour se réfugier dans les montagnes avoisinantes.
Leila Hamoutène nous conte : « Le village est un immense brasier, le bois des habitations crépite, parfois des flammèches s’élèvent en même temps que le cri des animaux pris au piège. Nous avons pourtant libéré ces derniers avant que les soldats français n’atteignent la lisière du bois qui borde le hameau. (…) D’ailleurs, il fallait monter plus haut, toujours plus haut, le souffle me manquait et la sangle de la besace que je portais me sciait l’épaule ».
Le «châle» l’instrument d’une symbolique héritée de mère en fille, féminité et présence pour décrire l’Histoire et la Mère Patrie. Une page d’histoire romancée, un pan entier décrivant ce qu’est la lutte des femmes à l’image de Warda, Hafsa et Sara. Des faits réels tirés de livres d’histoire.
Leila Hamoutène souligne qu’«Elles vivent toutes une page de notre histoire», «des voix s’élèvent, qui racontent l’histoire de l’Algérie. Des femmes se rejoignent dans leur évocation du passé, elles sont liées par le sort d’une enfant de sept ans livrée à la violence de l’occupation française : Zeineb, leur aïeule».
«Parfois, certaines circonstances nous rendaient nos aïeules encore plus présentes, les mêlant étroitement à notre vie le temps d’une évocation, d’un événement».

Un débat littéraire, à la bibliothèque principale de lecture publique de Tipasa a permis à l’auteur de parler d’un enchaînement de pages de l’histoire de l’Algérie sous l’œil sagace des femmes depuis 1840.
Ferid Chikhi
Le châle de Zeineb,
De Leïla Hamoutene,
Édité par les Éditions Casbah, Alger,
Réminiscences … entre Youm el Ilm et le Printemps
berbère
Ibn Badis et Jules Ferry
Choc
de deux écoles, ou bilinguisme porteur ?
Publié le 10-03-1995.
In Le Matin.
Révision et mise à jour avril
2013.
Le débat sur la généralisation de la langue arabe est
encore une fois sous les feux de la rampe.
Lorsque le quotidien Le matin a publié le reportage
sur la prochaine mise en œuvre de la loi y afférant, il était clair qu’outre
les positions des uns et des autres, qu’elles fussent à caractère politique,
identitaire ou culturel, les réponses aux questions posées au célébrissime
auteur d’Ezilzel allaient relancer la polémique eu égard à leur contenu et ce
qu’elles veulent véhiculer d’injurieux.
À ce stade du débat, n’est ce pas lui faire trop
d’honneur – ainsi qu’à un grand nombre d’auteurs arabisants de facture médiocre
– que de leur consacrer quelques mots dans la presse francophone algérienne ?
N’est-il pas temps de faire l’économie de l’ingratitude qu’affichent au grand
jour et de la rancœur - durable - que montrent grâce à la démocratie - ces
personnages à l’égard des bilingues et des polyglottes algériens ?
Personne n’ignore que c’est grâce à la langue de
Molière et de Descartes, de Flaubert et de Montaigne, de Balzac et de Jules
ferry que leurs écrits ont dépassé les frontières du territoire national ? Sans
la traduction de leur œuvre, en français faite par l’Institut des langues
vivantes étrangères de l’université d’Alger, auraient-ils pu se faire connaître
dans les pays arabes ?
En ce moment précis, leurs écrits en arabe ne sont
même pas lu dans les pays frères des Proche et Moyen Orient.
Que dire de la généralisation de la langue arabe ? Je
crois que pour inscrire le débat dans la durée et notamment dans les
perspectives de l’an 2000, il serait intéressant de l’aborder par
l’enseignement et globalement par l’éducation scolaire. Un grand nombre de mes
camarades de l’époque et moi-même - dés le milieu de années ‘’50’’ et au début des années ‘’60’’ - avons eu l’avantage de fréquenter à Batna deux
types d’écoles.
D’abord celle de Jules Ferry avec des enseignants
comme Mrs. Arouas, Kharoubi, Karsenty (et ainsi que leurs noms
l‘indiquent, c’étaient des juifs de Batna) ou encore Mrs. Deleuze,
Charpentier, etc. qui étaient chrétiens, c’est ensuite celle d’Ibn Badis ou
si vous préférez la Medersa, dont les enseignants parmi lesquels Cheikh
Bendiab, Cheikh Tiar , Cheikh Hamami, Cheikh Benhassine, Cheikh Foudala,
etc. nous ont à jamais fait découvrir notre algérianité, sans nier notre
berbérité et notre islamité. Il faudra un jour leur rendre l’hommage qu’ils
méritent.
Il existait bien sur d’autres enseignants aussi
professionnels dans les autres établissements scolaires de la ville de Batna,
l’école du camp, celle du stand, le Cours d’Enseignement Général (CEG) de la
route de Biskra, le Collège de Batna et n’en déplaise aux partisans de la
généralisation de la seule langue arabe, l’enseignement bilingue existait déjà
et était à l’avantage de toutes les composantes - femmes et hommes - de la
société Batnéenne. C’était un outil, un véhicule de valeurs, un repère
d’évaluation des potentiels des jeunes de l’époque et de principes partagé par
tous ceux qui voulaient s’instruire.
L’enseignement de Jules Ferry nous a permis -
entre-autres et au-delà de la fameuse citation ‘’Nos ancêtres les Gaulois’’ - d’apprendre dans les
livres de l’Histoire de France mais pour l’Algérie, que celle-ci avait été
occupée par les Romains, les Vandales, les Wisigoths, les Phéniciens, les
Arabes, les Turcs et bien sur les Français. Ils ont conquis,
asservis ou encore soumis le Peuple Berbère dont les Aguelliden - les
Rois - se nommaient Masinissa, Hasdrubal, Adherbal, Hiempsal, Hiarbas,
Manastabal, Gulussa, Jugurtha, Juba 1er et 2nd.
Dans ces livres et grâce aux leçons de nos
enseignants nous avons appris où se situe la forteresse à l’Est de l’Aurès
dénommée Djaffaa et qui étaient ses chefs Jadbas et Dihya - La Kahina
- alors qu’à l’Ouest était la tribu à laquelle appartenait Koceïla et
Ortheïas.
Nous avons aussi appris que les Juifs se sont
installés dans notre pays, essentiellement à l’Est de l’Algérie, après la
destruction du 2nd temple de Salomon, aux environs de l’an 52 avant
JC. Que bien plus tard Tarik Ibn Ziad à la tête de douze mille guerriers
amazighs a passé le détroit de Gibraltar pour arriver en Espagne,
etc.
Pourquoi les musulmans ont-pris du retard et pourquoi les autres les ont
devancés ?
L’enseignement d’Ibn Badis nous a familiarisé
avec les déclinaisons de la grammaire et de la conjugaison en langue arabe,
confirmé que l’Islam est par excellence la religion de la tolérance, de la
paix, de la recherche de l’universalité, de la fraternité, et surtout qu’en
plus de l’environnement colonial, il existait un autre monde plus complexe et
non pas compliqué, plus structuré au double plan sociologique et culturel,
fondé sur nos traditions et nos coutumes, avec nos fêtes religieuses - l’Aïd
Es Seghir et l’Aïd El Kébir, El Mawlid Ennabaoui, Achoura, etc.
À chacun de ces événements nos professeurs nous
rappelaient les circonstances qui ont présidé à leur avènement et à leur célébration
par la communauté musulmane à travers le monde. Ils le faisaient avec passion
et amour, avec un sentiment d’une nécessaire communication d’un fait d’histoire
et d’un fait religieux, non pas pour nous faire détester l’Autre - même si
c’était la guerre - mais bien au contraire pour renforcer notre conviction que
par le savoir nous étions, si ce n’est plus forts, au moins égal à lui.
L’école fondamentale algérienne apprend elle tout
cela à nos enfants ? L’enfant des Aurès, du Djurdjura, de l’Ouarsenis, etc.
connait-il l’histoire de ses ancêtres, enseignée par cette école ?
Ce que nous avons appris à la Médersa d’Ibn Badis
et à l’école de Jules Ferry constitue les graines de notre savoir à la fin
de ce millénaire et nous sommes certains de ne point être diminué comparés aux
autres occidentaux d’Europe. Parce que nous savons qui nous sommes et fiers de
l’être.
En tout état de cause, il faut remercier les Moyens
Orientaux, ceux qui sont les peuples du Machrek de nous appeler Maghrébins (qu’on
ne se détrompe pas ce ne sont pas les européens qui les premiers l’ont fait.
Pour ceux-là nous sommes des Nord Africains) ce qui donne traduit en français
des Occidentaux, comme le sont les Turcs de l’autre côté de la Méditerranée.
Avec la différence, que nous sommes musulmans, sachant que la majorité des
peuples d’Occident sont chrétiens.
Alors que nous étions encore élèves nous avions
emmagasiné énormément de connaissances. La Nation musulmane ? Oui, grâce à leur
enseignement, nous savions déjà ce que c’était (elle se situe dans le Sud et va
de l’Atlantique à l’Oural). Nous savions qu’il existe des peuples qui sont
musulmans et ne parlent pas l’arabe (les Turcs, les Hindous, les Kirghiz, les
Afghans, les Nigérians, les Iraniens, les Somaliens, et les 60.000.000 de
Chinois, etc.).
La Nation Arabe ? Nous avons appris à la connaître
comme on apprend à connaître toutes les autres nations. Ils nous ont appris
qu’il existe des arabes Chrétiens et d’autres de confession israélite et par
conséquent ils ne sont pas musulmans. Les premiers ont foi dans le
Christianisme et Jésus Christ, les seconds dans le Judaïsme et en Moïse et les
troisièmes ont foi en l’Islam et en Mohamed.
Ces enseignants, aujourd’hui, pour la plupart
disparus, nous ont surtout appris à mieux nous connaître entre nous et à
apprécier ce que sont les autres. Jamais, au grand jamais, aucun d’entre-eux ne
nous a incité à abandonner l’enseignement de l’école coloniale. Malgré ce qu’il
véhiculait comme rejet de nos racines. Je me rappelle de Cheikh Tiar et de
Cheikh Bendiab qui s’inquiétaient de savoir si nous avions appris et notamment
compris nos leçons de français. Mieux ils nous facilitaient la tâche pour
remettre au lendemain l’apprentissage de leurs leçons afin de nous acquitter de
celles du maître de français.
Ce qui était paradoxale c’est que l’école Jules Ferry,
où j’ai étudié durant tout le primaire, à la fin des années cinquante, était
réservée aux seuls garçons, alors qu’un mur la séparait de l’école Gambetta,
réservée aux seules filles. Mais aussi bien à l’école coranique ou l’on était
assis tailleur à même le sol sur des nattes de halfa qu’à la Médersa, où les
tables étaient les mêmes que celles de l’école coloniale, la mixité était de
rigueur et plus que tolérée. En salle ou dans la cour, nous étions comme dirait
l’autre, mélangés. Faut-il croire qu’il y a cinquante ans, la société était
plus avancée qu’aujourd’hui ?
En fait, ce qui était extraordinaire c’est surtout
l’enseignement des valeurs, des principe et des règles de bonne conduite qui
nous étaient dispensés par des hommes intègres, simples, modestes et pas du
tout imbus de leurs personnes. Ceci nous a marqué à jamais.
Pour conclure rappelons-nous que le Président
Boudiaf, allait terminer son discours du 29 juin 1992, par la fameuse
question-titre (du livre écrit en 1939 part Chakib Arslane). Question qui
restera sans réponse qui restera sans réponse, mais pour l’histoire méditons
la, car elle sera toujours d’actualité en ce qu’elle est la seule piste
authentique pour le véritable Ijtihad : Pourquoi les musulmans ont-pris
du retard et pourquoi les autres les ont devancés ?
Ferid Chikhi
18-04-2013
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Un éveilleur des consciences
Hier, il y avait Mohammed Dib et Kateb Yacine, Mouloud Feraoun et Jean El
Mouhoub Amrouche, Malek Hadad et Bachir Hadj Ali, aujourd’hui il y a Assia
Djebar et Leila Sebbar, et … bien d’autres écrivains Algériens d’expression
française, et la liste ne serait pas complète si l’on n’ajoutait pas Anouar
Benmalek ... son œuvre, comme
celles de ses aînés, inspirent à plus d’identité et à plus de culture. Le texte qui suit est de sa signature. Il nous
parle de démocratie, du statut des femmes, de la création des biens industriels
et culturels, des dictatures, de la corruption, des opinions publiques et du
fait religieux.
Grâce à son talent d’écrivain, intelligent et brillant, il nous dit
entre autres ‘’Le
combat le plus acharné, que d’aucuns dans ce monde musulman ont courageusement
commencé, sera celui de l’assignation de la croyance religieuse (des croyances
religieuses) à la sphère privée. Ce combat est celui de la laïcité. On peut
avoir peur de ce mot, on peut vouloir l’édulcorer, reste que la participation
des sociétés musulmanes au concert des nations ne se réalisera qu’en se pliant
pleinement à cette obligation de progrès dans l’humanisation de notre espèce,
la si mal nommée Homo Sapiens.’’
Par ses écrits, Anouar Benmalek participe à l’éveil
des sociétés musulmanes.
Ferid ChikhiLe 23-02-2013
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Anouar Benmalek : La démocratie à la sauce musulmane n’est pas la
démocratie.
Les freins à
l’expression libre, «démocratique», des citoyens des sociétés du monde
dit musulman sont, de manière évidente, douloureusement multiples.
Par-delà les
caractéristiques propres dues aux contingences historiques et géostratégiques
locales, ces freins vont, dans un désespérant inventaire à la Prévert, du sous
développement dans les formes d’organisation sociale, cristallisées en
particulier dans le statut inique réservé aux femmes, du retard dans la
création des biens industriels et culturels, de la prépondérance des régimes
dictatoriaux ou semi-dictatoriaux, de leur corruption et de leur gestion
militaro-policière des opinions publiques, au poids formidable du fait
religieux dans ces sociétés et des tentatives plus ou moins réussies de prise
de pouvoir par les représentants politiques des clergés locaux après le
déclenchement de ce qu’il est convenu d’appeler un peu trop rapidement «les
printemps arabes».
Je voudrais aborder,
lapidairement, ce dernier aspect, à mon sens, essentiel, du piège historique
qui risque de continuer à enfermer pour longtemps ces sociétés si
majoritairement assoiffées comme partout ailleurs, de liberté d’expression, de
liberté d’association, de liberté de choix politique - mais pas, et c’est là le
paradoxe, de liberté de croyance religieuse ou spirituelle !
Manipulée par une
conception ossifiée et moyenâgeuse de la religion comme conception indépassable
des fins premières et dernières de l’existence individuelle et sociale, une
majorité des membres de ces sociétés ne conçoivent l’écart individuel à la
croyance majoritaire que comme une forme de profonde trahison des valeurs les
plus fondamentales de cette société.
Cet écart est vécu comme
une véritable offense, une insupportable «hérésie» tant religieuse que
politique, la seconde qualification rejoignant la première puisqu’en Islam,
presque par définition, la religion est l’âme et l’armature obligées de la
politique. Cette conception est
évidemment profondément en contradiction avec la volonté de participer aux
affaires du monde comme un acteur à part entière, respecté et respectable : on
ne peut refuser aux autres ce qu’on clame pour soi, en l’occurrence le droit
(légitime en soi) de partout pratiquer sa foi et le refuser (ou à l’accorder
par petits bouts mesquins, jamais totalement assurés, jamais totalement
légitimes) aux autres chez soi, ce qui est quasiment une constante dans tous les
pays musulmans
Mais surtout, cette
conception affaiblit considérablement les «défenses morales» des
sociétés de ces régions dans les tragédies qui ont pu les déchirer récemment.
Dans les interminables années de sang qui ont ravagé l’Algérie par exemple, la
société algérienne n’a jamais pu trouver un argumentaire de poids à opposer aux
tenants de la décapitation comme instrument de purification religieuse : les
terroristes n’étaient au fond que les exécutants «zélés» de la volonté
totalisante du texte sacré. Les valeurs universelles de respect de la vie
humaine n’étaient pas de taille face à telle et telle injonctions «transcendantes»,
absolument explicites, de tuer l’hérétique s’il ne se repent pas.
Le combat pour la
laïcité
C’est pour cela que,
malgré l’horreur et la folie sanguinaire de certains de leurs actes, les
terroristes n’ont pas eu à subir d’opprobre radicale et «définitive»
d’une partie non négligeable de la population. Une société «saturée» de
religion, ne concevant de réflexion qu’adossée à une justification religieuse
s’est résignée (quand elle ne les soutenait pas…) à ne considérer les égorgeurs
de femmes et d’enfants, d’intellectuels et de paysans que comme des croyants un
peu plus «croyants» que les autres, certes un peu plus «échauffés» que
leurs coreligionnaires pacifiques, mais qu’un peu de «compréhension» était
susceptible de ramener à la raison - toujours religieuse en dernière instance,
cependant.
Le succès des
différentes lois dites de concorde civile en Algérie tient justement à cette
spécificité (ce scandale) : ne jamais faire le tri entre les assassins et les
victimes. Mieux (ou pire) : les confondre dans une même ignoble fraternité,
puisque les uns et les autres, étant musulmans, ne sauraient être réellement
ennemis les uns des autres et que toute la sale guerre avec ses cent mille à
deux cent mille morts ne se résumait au fond qu’à un grand et désolant «malentendu»
fraternel entre «croyants» du même bord.
Cette stupéfaction de la
société musulmane devant cette confusion inouïe des valeurs a une implication
porteuse de gros dangers pour l’avenir : le crime paie en Algérie, se disent
les égorgeurs et les tortionnaires, puisque le criminel est toujours assuré
d’une opportune amnistie à un moment ou un autre, que l’on ait commis son
forfait à la fin des années quatre-vingts ou durant les années quatre-vingt-dix
et deux mille !
Pour le moment, cette
complicité objective de la société musulmane avec ses propres tourmenteurs
musulmans a encore de beaux et sinistres jours devant elle. Je pense que
plusieurs cordes enserrent le cou des sociétés dites islamiques ou à majorité
islamique.
Le nœud de la corde
militaro-policière est probablement le moins ardu à desserrer, mais, et on le
voit dans les soubresauts qui semblent étonner certains observateurs des
printemps arabes, le second nœud, celui de l’oppression religieuse, est
beaucoup plus ajusté, ayant disposé, sans adversaires notables dans le domaine
de la réflexion libertaire, de plusieurs siècles d’endoctrinement des cerveaux
et des âmes pour s’introduire dans le moindre interstice social, ne laissant
quasiment plus de place à la respiration réellement démocratique.
Le combat le plus
acharné, que d’aucuns dans ce monde musulman ont courageusement commencé, sera
celui de l’assignation de la croyance religieuse (des croyances religieuses) à
la sphère privée. Ce combat est celui de la laïcité. On peut avoir peur de ce
mot, on peut vouloir l’édulcorer, reste que la participation des sociétés
musulmanes au concert des nations ne se réalisera qu’en se pliant pleinement à
cette obligation de progrès dans l’humanisation de notre espèce, la si mal
nommée Homo Sapiens.
Ce chemin vers la
laïcité (ou tout autre terme équivalent) est encore une chimère à en juger par
l’exemple tunisien et égyptien, qui avaient fait naître tant d’espoir et
d’enthousiasme par l’exemplarité de la mise à bas de leurs dictateurs
respectifs.
Ces sociétés musulmanes
peuvent ne pas s’y résoudre, elles peuvent désirer rester dans l’atmosphère
rassurante quoique mortifère de la théocratie religieuse, fardée ou non des
oripeaux d’une soi-disant démocratie électorale.
Mais alors il ne faudra
pas qu’elles s’étonnent hypocritement du désespoir, souvent silencieux, qui
mine une bonne partie de leurs populations, de l’humiliation que ces dernières
ressentent de ne pouvoir vivre, penser et croire comme elles l’entendent dans
leurs propres pays et de l’envie les tenaillant de s’enfuir ailleurs pour
simplement exercer les droits les plus fondamentaux que la simple naissance est
censée accorder à chacun de nous sur cette planète.
Anouar Benmalek Courtoisie de l’auteur
Écrivain, mathématicien et universitaire,
Il est l’auteur d’une quinzaine de romans,
La plupart édités chez Fayard.
4 février 2013
Réminiscences … entre Youm el Ilm et le Printemps
berbère
Ibn Badis et Jules Ferry
Choc
de deux écoles, ou bilinguisme porteur ?
Publié le 10-03-1995.
In Le Matin.
Révision et mise à jour avril
2013.
Le débat sur la généralisation de la langue arabe est
encore une fois sous les feux de la rampe.

À ce stade du débat, n’est ce pas lui faire trop
d’honneur – ainsi qu’à un grand nombre d’auteurs arabisants de facture médiocre
– que de leur consacrer quelques mots dans la presse francophone algérienne ?
N’est-il pas temps de faire l’économie de l’ingratitude qu’affichent au grand
jour et de la rancœur - durable - que montrent grâce à la démocratie - ces
personnages à l’égard des bilingues et des polyglottes algériens ?
Personne n’ignore que c’est grâce à la langue de
Molière et de Descartes, de Flaubert et de Montaigne, de Balzac et de Jules
ferry que leurs écrits ont dépassé les frontières du territoire national ? Sans
la traduction de leur œuvre, en français faite par l’Institut des langues
vivantes étrangères de l’université d’Alger, auraient-ils pu se faire connaître
dans les pays arabes ?
En ce moment précis, leurs écrits en arabe ne sont
même pas lu dans les pays frères des Proche et Moyen Orient.
Que dire de la généralisation de la langue arabe ? Je
crois que pour inscrire le débat dans la durée et notamment dans les
perspectives de l’an 2000, il serait intéressant de l’aborder par
l’enseignement et globalement par l’éducation scolaire. Un grand nombre de mes
camarades de l’époque et moi-même - dés le milieu de années ‘’50’’ et au début des années ‘’60’’ - avons eu l’avantage de fréquenter à Batna deux
types d’écoles.
D’abord celle de Jules Ferry avec des enseignants
comme Mrs. Arouas, Kharoubi, Karsenty (et ainsi que leurs noms
l‘indiquent, c’étaient des juifs de Batna) ou encore Mrs. Deleuze,
Charpentier, etc. qui étaient chrétiens, c’est ensuite celle d’Ibn Badis ou
si vous préférez la Medersa, dont les enseignants parmi lesquels Cheikh
Bendiab, Cheikh Tiar , Cheikh Hamami, Cheikh Benhassine, Cheikh Foudala,
etc. nous ont à jamais fait découvrir notre algérianité, sans nier notre
berbérité et notre islamité. Il faudra un jour leur rendre l’hommage qu’ils
méritent.
Il existait bien sur d’autres enseignants aussi
professionnels dans les autres établissements scolaires de la ville de Batna,
l’école du camp, celle du stand, le Cours d’Enseignement Général (CEG) de la
route de Biskra, le Collège de Batna et n’en déplaise aux partisans de la
généralisation de la seule langue arabe, l’enseignement bilingue existait déjà
et était à l’avantage de toutes les composantes - femmes et hommes - de la
société Batnéenne. C’était un outil, un véhicule de valeurs, un repère
d’évaluation des potentiels des jeunes de l’époque et de principes partagé par
tous ceux qui voulaient s’instruire.

Dans ces livres et grâce aux leçons de nos
enseignants nous avons appris où se situe la forteresse à l’Est de l’Aurès
dénommée Djaffaa et qui étaient ses chefs Jadbas et Dihya - La Kahina
- alors qu’à l’Ouest était la tribu à laquelle appartenait Koceïla et
Ortheïas.
Nous avons aussi appris que les Juifs se sont
installés dans notre pays, essentiellement à l’Est de l’Algérie, après la
destruction du 2nd temple de Salomon, aux environs de l’an 52 avant
JC. Que bien plus tard Tarik Ibn Ziad à la tête de douze mille guerriers
amazighs a passé le détroit de Gibraltar pour arriver en Espagne,
etc.
Pourquoi les musulmans ont-pris du retard et pourquoi les autres les ont
devancés ?
L’enseignement d’Ibn Badis nous a familiarisé
avec les déclinaisons de la grammaire et de la conjugaison en langue arabe,
confirmé que l’Islam est par excellence la religion de la tolérance, de la
paix, de la recherche de l’universalité, de la fraternité, et surtout qu’en
plus de l’environnement colonial, il existait un autre monde plus complexe et
non pas compliqué, plus structuré au double plan sociologique et culturel,
fondé sur nos traditions et nos coutumes, avec nos fêtes religieuses - l’Aïd
Es Seghir et l’Aïd El Kébir, El Mawlid Ennabaoui, Achoura, etc.

L’école fondamentale algérienne apprend elle tout
cela à nos enfants ? L’enfant des Aurès, du Djurdjura, de l’Ouarsenis, etc.
connait-il l’histoire de ses ancêtres, enseignée par cette école ?
Ce que nous avons appris à la Médersa d’Ibn Badis
et à l’école de Jules Ferry constitue les graines de notre savoir à la fin
de ce millénaire et nous sommes certains de ne point être diminué comparés aux
autres occidentaux d’Europe. Parce que nous savons qui nous sommes et fiers de
l’être.
En tout état de cause, il faut remercier les Moyens
Orientaux, ceux qui sont les peuples du Machrek de nous appeler Maghrébins (qu’on
ne se détrompe pas ce ne sont pas les européens qui les premiers l’ont fait.
Pour ceux-là nous sommes des Nord Africains) ce qui donne traduit en français
des Occidentaux, comme le sont les Turcs de l’autre côté de la Méditerranée.
Avec la différence, que nous sommes musulmans, sachant que la majorité des
peuples d’Occident sont chrétiens.
Alors que nous étions encore élèves nous avions
emmagasiné énormément de connaissances. La Nation musulmane ? Oui, grâce à leur
enseignement, nous savions déjà ce que c’était (elle se situe dans le Sud et va
de l’Atlantique à l’Oural). Nous savions qu’il existe des peuples qui sont
musulmans et ne parlent pas l’arabe (les Turcs, les Hindous, les Kirghiz, les
Afghans, les Nigérians, les Iraniens, les Somaliens, et les 60.000.000 de
Chinois, etc.).
La Nation Arabe ? Nous avons appris à la connaître
comme on apprend à connaître toutes les autres nations. Ils nous ont appris
qu’il existe des arabes Chrétiens et d’autres de confession israélite et par
conséquent ils ne sont pas musulmans. Les premiers ont foi dans le
Christianisme et Jésus Christ, les seconds dans le Judaïsme et en Moïse et les
troisièmes ont foi en l’Islam et en Mohamed.
Ces enseignants, aujourd’hui, pour la plupart
disparus, nous ont surtout appris à mieux nous connaître entre nous et à
apprécier ce que sont les autres. Jamais, au grand jamais, aucun d’entre-eux ne
nous a incité à abandonner l’enseignement de l’école coloniale. Malgré ce qu’il
véhiculait comme rejet de nos racines. Je me rappelle de Cheikh Tiar et de
Cheikh Bendiab qui s’inquiétaient de savoir si nous avions appris et notamment
compris nos leçons de français. Mieux ils nous facilitaient la tâche pour
remettre au lendemain l’apprentissage de leurs leçons afin de nous acquitter de
celles du maître de français.

En fait, ce qui était extraordinaire c’est surtout
l’enseignement des valeurs, des principe et des règles de bonne conduite qui
nous étaient dispensés par des hommes intègres, simples, modestes et pas du
tout imbus de leurs personnes. Ceci nous a marqué à jamais.
Pour conclure rappelons-nous que le Président
Boudiaf, allait terminer son discours du 29 juin 1992, par la fameuse
question-titre (du livre écrit en 1939 part Chakib Arslane). Question qui
restera sans réponse qui restera sans réponse, mais pour l’histoire méditons
la, car elle sera toujours d’actualité en ce qu’elle est la seule piste
authentique pour le véritable Ijtihad : Pourquoi les musulmans ont-pris
du retard et pourquoi les autres les ont devancés ?
Ferid Chikhi
18-04-2013
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C’est pour cela que, malgré l’horreur et la folie sanguinaire de certains de leurs actes, les terroristes n’ont pas eu à subir d’opprobre radicale et «définitive» d’une partie non négligeable de la population. Une société «saturée» de religion, ne concevant de réflexion qu’adossée à une justification religieuse s’est résignée (quand elle ne les soutenait pas…) à ne considérer les égorgeurs de femmes et d’enfants, d’intellectuels et de paysans que comme des croyants un peu plus «croyants» que les autres, certes un peu plus «échauffés» que leurs coreligionnaires pacifiques, mais qu’un peu de «compréhension» était susceptible de ramener à la raison - toujours religieuse en dernière instance, cependant.
Anouar Benmalek Courtoisie de l’auteur
Écrivain, mathématicien et universitaire,
Il est l’auteur d’une quinzaine de romans,
La plupart édités chez Fayard.
4 février 2013