9 févr. 2026

L'Algérie face à l'Occident en déclin

 Réponse à ceux qui refusent de voir 

le monde changer

Une contribution de Ferid Racim Chikhi – Pour donner suite à mes précédents articles des 4 avril 2025, 12 janvier 2026 et 22 janvier 2026, j’aborde ici la question de la suprématie étatsunienne et de ses soutiens atlantistes sur l’Europe et les mutations profondes de l’ordre international contemporain. Les échanges que j’entretiens, aussi bien avec des proches en Algérie qu’en Europe et en Amérique du Nord, révèlent un constat partagé : le monde change, mais une partie de l’Occident persiste à l’ignorer, voire à le nier.

Vivant en Amérique du Nord, je constate combien, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe en général et la France en particulier ont progressivement été arrimées à une tutelle stratégique, politique et culturelle exercée par les États-Unis. Cette dépendance, installée sur près de huit décennies, s’est déployée dans tous les domaines : culturel, identitaire, économique, financier, médiatique, militaire et même symbolique. Malgré quelques velléités d’émancipation, tant le continent européen que la France peinent à s’extraire de ce carcan. Plus le temps passe, plus les fissures apparaissent : réarmement accéléré d’un côté, désagrégation des sociétés civiles de l’autre, sans omettre chez certains la peur du remplacement.

Un Occident devenu prédateur

Les faits parlent d’eux-mêmes. Les déclarations et les actions des Etats-Unis, avec l’appui explicite ou tacite des atlantistes, dessinent une trajectoire inquiétante. Après l’instauration de droits de douane à visée coercitive sont venues des déclarations extravagantes sur l’annexion du Canada, puis des intentions affichées de mainmise sur le Groenland. A cela se sont ajoutées des pressions ouvertes sur le Venezuela, jusqu’à l’enlèvement de son président, et aujourd’hui des menaces directes contre l’Iran, y compris l’assassinat ciblé de ses dirigeants.

Dans ce contexte, l’Occident ne se présente plus seulement comme un acteur dominateur, mais comme un allié assumé du prédateur en chef, cumulant les figures du pillard, du démolisseur et, parfois, de l’exterminateur. Le discours sur les «valeurs» masque de plus en plus mal une logique de force brute.

Les racines de la domination

Pour comprendre cette situation, il faut revenir en arrière. Le plan Marshall (après 1945), présenté comme un programme de reconstruction, a aussi constitué un puissant levier d’influence. Il a été prolongé par l’OTAN (1949), puis par un ensemble d’institutions internationales largement façonnées par Washington. L’immixtion américaine en Europe ne s’est pas limitée à l’industrie ou à la finance : elle a surtout investi le champ des représentations, des imaginaires et des normes culturelles.

La promotion d’une culture de l’argent, de la performance et de la consommation, combinée à une aliénation identitaire progressive, a contribué à désarmer intellectuellement les sociétés européennes. La domination ne s’exerce plus seulement par la contrainte, mais par l’adhésion intériorisée.

L’Algérie dans le nouvel ordre mondial

Dans ce contexte d’appropriation imposée d’une culture et d’une identité prétendument universelles, retenons que l’Algérie, pays de l’Occident du Sud, occupe une place singulière. Après cent trente-deux ans d’occupation coloniale, elle a arraché son indépendance au prix d’une révolution majeure, qui l’a inscrite durablement au cœur de l’Histoire. Contrairement à une vision réductrice, l’Algérie n’a jamais été à la périphérie des dynamiques mondiales.

Aujourd’hui, malgré des incohérences et des fragilités internes réelles, elle s’affirme comme l’un des rares Etats du Sud capables d’adopter une position lisible, cohérente et souveraine dans un monde en recomposition rapide. Cette posture autonome dérange, car elle rompt avec une dépendance idéologique et stratégique imposée depuis des décennies par les puissances occidentales (sans pour autant négliger les liens avec les pays arabo-musulmans).

L’acharnement médiatique occidental, et plus particulièrement français, à présenter l’Algérie comme un pays «isolé», «crispé» ou «autoritaire» en dit souvent plus sur les angoisses de ceux qui produisent ce discours que sur la réalité algérienne. Il s’agit moins d’informer que de préserver un récit devenu fragile.

La fin du monopole moral occidental

Depuis la fin de la guerre froide, l’Occident s’est autoproclamé juge suprême du bien et du mal sur la scène internationale. Cette prétention morale a servi de justification à un système de domination multiforme, mêlant interventions militaires, sanctions économiques et pression médiatique. L’Europe, loin de constituer un contrepoids, s’est dissoute dans cet ensemble, renonçant à toute véritable autonomie stratégique.

L’Algérie, forte de son expérience historique, a compris que la dépendance commence par l’alignement intellectuel, se poursuit par l’alignement politique et s’achève par la perte de souveraineté réelle. D’où le choix d’une diplomatie fondée sur le non-alignement actif, la diversification des partenariats et la défense du droit international.

Médias occidentaux et récit dépassé

Le discrédit des médias occidentaux tient en grande partie à leur incapacité à renouveler leurs grilles de lecture. Prisonniers de catégories héritées du XXe siècle, ils opposent encore les «démocraties» aux «régimes autoritaires», les «bons élèves» aux «Etats récalcitrants». Ce manichéisme sert un objectif précis : neutraliser toute alternative à l’ordre établi.

Ainsi, lorsque l’Algérie renforce ses relations avec la Russie ou la Chine, on évoque un «glissement stratégique». Lorsque l’Europe s’aligne docilement sur Washington, on célèbre un «choix de valeurs». Ce deux poids, deux mesures n’est pas une erreur d’analyse, mais une méthode destinée à maintenir une hiérarchie internationale obsolète.

Une Europe sous tutelle

L’Europe se présente comme un pôle de stabilité et de valeurs universelles, mais elle agit sous tutelle stratégique. En s’alignant systématiquement sur les priorités étatsuniennes, elle a sacrifié son autonomie énergétique, affaibli son industrie, marginalisé sa diplomatie et fragilisé sa cohésion sociale. Le réveil tardif autour du réarmement se fait non pas contre la tutelle américaine, mais au nom d’une menace russe présentée comme existentielle.

La crise ukrainienne a mis en lumière cette dépendance : sanctions adoptées au détriment des intérêts européens, rupture d’équilibres énergétiques majeurs et perte tangible de souveraineté économique. Dans ces conditions, les leçons adressées à l’Algérie relèvent de l’incohérence.

Russie, Chine et Sud global

La Russie et la Chine ne constituent ni des modèles idéalisés ni des acteurs philanthropiques. Elles sont des puissances pragmatiques, engagées dans un monde redevenu conflictuel. Leurs relations avec les pays du Sud reposent principalement sur l’intérêt mutuel, sans injonctions idéologiques explicites.

L’Algérie ne «bascule» pas vers l’Est : elle rééquilibre. Elle corrige une anomalie historique marquée par une dépendance excessive à un axe unique. Ce mouvement s’inscrit dans une dynamique plus large, celle du Sud global, qui refuse désormais d’être un simple terrain de projection des rivalités occidentales.

La bataille des imaginaires

Ce qui menace le plus la domination occidentale n’est pas seulement l’essor économique du Sud, mais son émancipation intellectuelle. Tant que les élites du Sud reproduisaient les catégories de pensée occidentales, la domination restait stable. Aujourd’hui, cette reproduction se fissure.

L’Algérie dérange parce qu’elle refuse les assignations idéologiques. Elle ne se définit ni par Paris, ni par Bruxelles, ni par Washington. Elle revendique le droit de penser par elle-même, dans la continuité de l’esprit de novembre 1954.

Palestine et hypocrisie occidentale

Le cas palestinien constitue le révélateur le plus brutal de la faillite morale occidentale. Depuis plus de soixante-dix ans, Israël bénéficie d’une protection politique, militaire et diplomatique quasi inconditionnelle, malgré des violations répétées du droit international.

Colonisation, bombardements, blocus, déplacements forcés, nettoyage ethnique assumé seraient ailleurs synonymes de sanctions immédiates. Ici, ils sont relativisés, justifiés ou passés sous silence. Ce double standard a durablement rompu la confiance entre l’Occident et le monde arabo-musulman.

Fidèle à son héritage anticolonial, l’Algérie rappelle que la stabilité mondiale ne peut reposer sur une injustice permanente. Soutenir la Palestine n’est pas un acte idéologique, mais un engagement en faveur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Conclusion : apprendre à écouter

L’Algérie, qui se trouve en Occident du Sud, n’est pas en guerre contre l’Occident du Nord. Elle s’affranchit de sa tutelle mentale. Consciente des risques, elle avance avec lucidité dans un monde en recomposition.

Aux élites occidentales et à leurs relais médiatiques, le message est clair : le monde ne vous attend plus. Il se transforme sans vous, parfois malgré vous. L’Algérie a choisi d’être du côté de l’Histoire en mouvement, non de celle qui s’épuise à se répéter.

F. R.-C.

Analyste senior, conjoncture

Quelques références bibliographiques

Albert Memmi, Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur : ouvrage clé sur la relation coloniale comme système de dépendance mutuelle mais asymétrique, utile pour comprendre les persistances postcoloniales dans les rapports Nord-Sud.

Armand Mattelart, Histoire de la société de l’information : réflexion sur le contrôle de l’information comme instrument stratégique des puissances dominantes.

Fanon, Frantz, Les Damnés de la terre, peau noire, masques blancs : analyse fondatrice des effets psychiques, culturels et politiques de la domination coloniale. Fanon montre que la décolonisation est d’abord une reconquête du sujet et de la pensée avant d’être un processus institutionnel.

Gramsci, Antonio, Cahiers de prison : conceptualisation centrale de l’hégémonie comme combinaison de coercition et de consentement. Outil fondamental pour analyser la domination occidentale contemporaine.

Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine : travail d’historien israélien critique, fondamental pour comprendre la genèse du conflit palestinien hors des récits officiels.

John J. Mearsheimer & Stephen Walt, The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy : analyse rigoureuse du rôle du lobbying pro-israélien dans la politique étrangère américaine, souvent citée dans les débats académiques.

Michel Foucault, Microphysique du pouvoir, il faut défendre la société : analyse des dispositifs de pouvoir diffus, du contrôle discursif et de la normalisation des savoirs légitimes.

Noam Chomsky & Edward S. Herman, La Fabrication du consentement : analyse systémique du rôle des médias dans la légitimation des politiques impériales et des alliances stratégiques.

Pierre Bourdieu, Sur la télévision, langage et pouvoir symbolique : Bourdieu met en évidence les mécanismes invisibles de domination symbolique.


30 janv. 2026

Démocratie normative et militarisation réelle

Une nalyse critique des contradictions de l’ordre atlantiste

Une contribution de Ferid Racim Chikhi – Cette analyse met en exergue les contradictions structurelles de l’ordre international tel que pensé par les Atlantistes à partir de l’écart entre le discours normatif de promotion de la démocratie et les pratiques concrètes de militarisation, d’ingérence et de déstabilisation. En mobilisant les apports des théories critiques des relations internationales, de la sociologie du pouvoir et de l’économie politique mondiale, il met en lumière les mécanismes d’hégémonie, de captation des élites et de disqualification des trajectoires souveraines, avec un focus particulier sur l’Algérie et le Sud global.

La fin des années 1980 marque un tournant majeur dans la recomposition de l’ordre international. La Pérestroïka et l’effondrement de l’Union soviétique, la chute du mur de Berlin et la réunification allemande, le démantèlement de la Yougoslavie et la recomposition des Balkans ont été largement interprétés comme l’aboutissement d’un processus historique consacrant la victoire définitive du modèle libéral occidental. Et, récemment encore, la destruction de Gaza par l’Etat criminel d’Israël sous la protection des Etats-Unis et le silence complice des Européens. Cette lecture téléologique de l’histoire a contribué à installer l’idée d’un ordre mondial fondé sur la démocratie libérale comme horizon universel et indépassable.

Toutefois, derrière cette universalisation proclamée des normes démocratiques, s’est progressivement mis en place un système de hiérarchisation politique des Etats, opposant des démocraties jugées «légitimes» à des régimes qualifiés de «déviants». Cette réflexion soutient que cette opposition relève moins d’une analyse objective des régimes politiques que d’un dispositif idéologique au service de rapports de pouvoir asymétriques, structurant l’ordre international contemporain.

«L’hégémonie démocratique» comme dispositif de légitimation

Dans la perspective gramscienne, le pouvoir moderne ne repose jamais exclusivement sur la coercition, mais sur une articulation entre contrainte et consentement rendue possible par l’hégémonie culturelle et morale. Le discours démocratique porté par les Etats-Unis et les puissances atlantistes s’inscrit pleinement dans cette logique : il transforme des intérêts géopolitiques situés en normes universelles présentées comme naturelles et indiscutables.

La qualification récurrente de certains Etats comme «autoritaires», «dictatoriaux» et/ou «militaires» – notamment la Russie, la Chine et la Corée du Nord – permet de délégitimer toute trajectoire politique non conforme au modèle libéral occidental. Cette délégitimation a servi de justification à des politiques d’ingérence, parfois militaires, ayant conduit à la destruction ou à l’affaiblissement durable d’Etats historiquement associés au Front du refus, tels que l’Irak, la Libye, la Syrie, ou encore la Yougoslavie. Le discours normatif fonctionne ainsi comme un instrument central de légitimation de la contrainte internationale.

L’attraction et l’interception des élites et domination symbolique

Un marketing politique de recrutement des élites a été mis en place, qui constitue l’un des mécanismes les plus efficaces de cette domination indirecte. Il réside dans l’attraction des élites. Comme l’ont montré Pierre Bourdieu et Loïc Wacquant, la circulation internationale des élites participe ainsi à la reproduction des hiérarchies symboliques et matérielles. Présentée comme un processus neutre de mobilité et de méritocratie, cette dynamique prive en réalité les Etats du Sud de ressources humaines essentielles à leur développement.

Face à la fuite organisée des cerveaux, les gouvernements du Sud n’ont mis en place aucune parade de rétention, ni de stratégie de riposte, ni de stratégie de recaptation. Or, ce processus affaiblit durablement les capacités endogènes de la production des savoirs, de la gouvernance et de l’innovation, tout en renforçant la dépendance structurelle vis-à-vis des centres occidentaux de décision et de légitimation intellectuelle. Ce mécanisme contribue à maintenir une division internationale du travail cognitif et politique, au sein de laquelle les périphéries restent durablement subordonnées (*).

Déstabilisation matérielle et logique du système-monde

A cette domination symbolique s’ajoutent des stratégies de déstabilisation plus matérielles opérées par des agents d’infiltration conduits par des officines obscures. Les troubles sociaux, les manifestations instrumentalisées, la criminalité transnationale ainsi que les trafics d’armes et de drogues sont fréquemment présentés comme des pathologies internes propres aux Etats ciblés. Or, dans la perspective du système-monde développée par Immanuel Wallerstein, ces phénomènes doivent être compris comme des effets structurels d’un ordre mondial asymétrique.

Les périphéries absorbent les coûts sociaux et politiques de la mondialisation, tandis que les centres prétendent en contrôler les effets. Paradoxalement, ces mêmes fléaux se diffusent ensuite vers les sociétés occidentales, révélant l’illusion d’un contrôle unilatéral des désordres produits par le système lui-même.

Guerre discursive et construction du «régime militaire»

Michel Foucault a montré que le pouvoir moderne s’exerçait par la production de régimes de vérité et par la définition de ce qui est politiquement acceptable. La réduction de trajectoires historiques complexes à la catégorie de «régime militaire» participe pleinement de cette logique discursive. Le rôle structurant de l’armée dans certains Etats – souvent héritage de la colonisation, des luttes de libération nationale ou de conflits régionaux persistants – est présenté comme une pathologie politique plutôt que comme une réponse à des contraintes géopolitiques objectives.

Cette disqualification discursive permet d’exclure certaines formes de souveraineté du champ du politiquement légitime, tout en justifiant des interventions extérieures au nom de la démocratie et de la stabilité.

L’Algérie et le Sud global : souveraineté sous condition

L’Algérie constitue un cas particulièrement révélateur de cette dynamique. Issue d’une guerre de Libération nationale, où l’armée a joué un rôle central dans la construction de l’Etat, elle est régulièrement enfermée dans une lecture réductrice de «régime militaire», de «système dictatorial» et de «pouvoir autoritaire». Cela a été observé lors du Hirak (2019-2022), suivi des incendies en Kabylie ; les arrestations de présumés perturbateurs et auteurs de certains actes qualifiés de criminels ne font l’objet d’aucun discernement de la part des revendicateurs (assumés ou manipulés = agents à la solde d’officines obscures) des libertés. Cette approche occulte son histoire postcoloniale, ses contraintes sécuritaires régionales et domestiques, ainsi que de ses tentatives de stabilisation institutionnelle dans un environnement marqué par les agressions continues et permanentes du voisin de l’Ouest, l’instabilité du Sahel (espace de turbulences provoquées par des pays intéressés par la situation stratégique entre l’Afrique du Nord, l’Afrique subsaharienne, l’Afrique de l’Ouest et de L’Est, par les richesses de ce territoire), les tensions méditerranéennes et les recompositions énergétiques mondiales.

Plus largement, les Etats du Sud global sont confrontés à une injonction paradoxale : ils doivent assurer leur sécurité, préserver leur souveraineté et maintenir la cohésion nationale, tout en étant disqualifiés dès lors que leurs dispositifs étatiques ne correspondent pas aux standards du libéralisme politique occidental.

Militarisation du politique en Occident : un renversement paradoxal

Depuis le début du XXIe siècle, un renversement de paradigme est observable. Face à des contestations sociales croissantes liées aux politiques néolibérales, à l’érosion de l’Etat social et à l’aggravation des inégalités, les démocraties occidentales recourent de plus en plus à des dispositifs sécuritaires et militaires pour maintenir l’ordre interne. Les mobilisations de la garde nationale et de l’armée aux Etats-Unis constituent une illustration significative de cette évolution.

En France, cette militarisation s’accompagne d’une rhétorique persistante de la menace extérieure, principalement incarnée par la Russie. Comme l’a montré Carl Schmitt, la construction de l’ennemi demeure un mécanisme central de légitimation du pouvoir politique, permettant de neutraliser les critiques internes et de restreindre l’espace démocratique.

Conclusion

Ce qui précède tend à mettre en évidence une contradiction majeure de l’ordre international contemporain : ceux qui se présentent comme les garants universels de la démocratie recourent, lorsque leurs intérêts stratégiques sont menacés, aux mêmes logiques de coercition, de militarisation et de contrôle qu’ils dénoncent ailleurs. Cette convergence des pratiques révèle les limites structurelles d’un ordre fondé sur l’asymétrie morale et le double standard.

Au-delà des postures idéologiques, cette réalité invite à repenser les catégories dominantes du débat géopolitique et à interroger les conditions concrètes de la démocratie, de la souveraineté et de la paix dans un monde, où la force tend de plus en plus à se substituer au droit et au dialogue, aussi bien au Nord qu’au Sud.

F. R. C.

Analyste senior, conjoncture

Notes et références :

Gramsci, A., Cahiers de prison, Gallimard, 1978.

Chomsky, N., Hegemony or Survival, Metropolitan Books, 2003.

Bourdieu, P. & Wacquant, L., Sur la télévision, raisons d’agir, 1996.

Wallerstein, I., Le système du monde, Flammarion, 1980.

Foucault, M., Il faut défendre la société, Seuil/Gallimard, 1997.

Amin, S., Le développement inégal, Minuit, 1973.

Schmitt, C., La notion de politique, Flammarion, 1992.

(*) Voir https://algeriepatriotique.com/2021/12/08/lalgerie-et-ses-competences-a-letranger/


12 janv. 2026

"Dazoumaahoum" ou la logique du fait accompli !

 Cette réflexion  propose une analyse conceptuelle du nouvel ordre international à partir de la notion populaire algérienne du Dazoumaahoum (« poussez avec eux »), retenue ici comme métaphore analytique de la logique du fait accompli dans les relations internationales contemporaines. En croisant géopolitique, sociologie des migrations et analyse des transformations sociétales occidentales, l’article examine les mécanismes de domination structurelle, leurs effets sur les sociétés du Sud et leurs répercussions internes dans les sociétés occidentales. L’étude met en évidence les limites des modèles actuels de gouvernance internationale et d’intégration migratoire, tout en soulignant la nécessité d’une refondation conceptuelle de l’ordre mondial.

Nous nous accaparons de ce qu’on veut …

Ils se sont approprié une sentence ancienne qui a court en Algérie et que l’on peut résumer par une expression populaire : ‘’Dazoumaahoum - “poussez avec eux”. Autrement dit : nous avançons, vous subissez. Cette logique brutale, désormais érigée en mode de gouvernance internationale, structure le nouvel ordre mondial tel qu’il se déploie sous l’impulsion des États-Unis et de leurs alliés occidentaux et dans une mesure complémentaire : Moyennes orientales (Israël, Émirats arabes unis, Arabie Saoudite, et autres valets de circonstances, etc.).

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et plus encore depuis la disparition du monde bipolaire, l’ordre international n’est plus négocié : il est imposé. Sous couvert de défense des valeurs démocratiques, de stabilité, de sécurité… Une architecture de domination s’est consolidée, redéfinissant les rapports de force planétaires tout en fragilisant les équilibres internes (faute d’une sélection affinée de la mobilité internationale des démunis de ce monde) des sociétés occidentales elles-mêmes.

L’Europe sous tutelle stratégique

L’Union européenne, sous l’influence de l’OTAN, évolue aujourd’hui dans un environnement géopolitique profondément dénaturé. Coincée entre la montée en puissance de la Russie, l’affirmation stratégique de la Chine et la pression constante des États-Unis, elle peine à définir une autonomie politique, militaire et industrielle authentiques.

La relation transatlantique, présentée comme un partenariat, fonctionne de facto comme une asymétrie structurelle : Les USA décident, l’Europe s’aligne pour ne pas dire se couche.

Mais les fractures européennes ne sont pas uniquement externes. Elles se manifestent aussi à l’intérieur des sociétés, là où les transformations démographiques, sociales et culturelles révèlent l’épuisement des modèles d’intégration et de cohésion hérités du XXᵉ siècle.

Migrations : le retour du refoulé colonial

Les flux migratoires en provenance des anciens territoires colonisés ne sont ni un accident ni une fatalité. Ils sont le prolongement direct de l’histoire coloniale et impériale occidentale, des conflits contemporains et des déséquilibres économiques mondiaux, notamment la prédation des richesses des pays du Sud par les puissances européennes.

Pourtant, les politiques migratoires européennes et nord-américaines continuent de traiter ces mouvements comme des crises ponctuelles, en y répondant par des dispositifs d’urgence, de sélection économique ou de contrôle sécuritaire.

Le résultat est désormais visible

Des sociétés fragmentées, où coexistent des univers normatifs, cultuels, culturels et identitaires qui peinent à se rencontrer. En France ce sont l’extrême droite et la droite, ainsi que les nostalgiques d’une ère coloniale à jamais révolue, qui influent au plan interne sur les relations bilatérales entre le pays et les anciennes colonies devenues indépendantes et poursuivent la réalisation de leurs autonomies ; en Allemagne ou au Royaume-Uni, le multiculturalisme de façade est heurté frontalement par les nouvelles immigrations porteuses de valeurs nouvelles et d’identités communautaristes et surtout tribales éloignées du patriarcat traditionnel allemand ou monarchique Britannique,  le tout se structurant autour d’une hiérarchie implicite : Cette immigration est fondée sur une élite qualifiée intégrée, une classe intermédiaire tolérée et une masse précarisée, assignée à la marginalité sociale et symbolique (C’est là que le bât blesse).

L’absence d’une véritable politique d’intégration, à ne pas confondre avec l’assimilation, fondée sur la transmission des valeurs communes et le développement des compétences, alimente ainsi la formation de « sociétés parallèles » que l’on feint ensuite de découvrir avec inquiétude.

De leur côté les États d’où provient cette main d’œuvre nécessaire aux emplois notamment opérationnels n’ont aucune politique d’encadrement que ce soit pour son maintien au pays ou pour le processus migratoire.

Le Canada : multiculturalisme et angles morts

Souvent présenté comme un modèle, le Canada n’échappe pas à ces tensions. Le multiculturalisme, érigé en principe fondateur, a permis une reconnaissance formelle de la diversité, mais il a aussi contribué à neutraliser toute réflexion critique sur la cohésion sociale et les valeurs communes.

À force de célébrer la différence, on a souvent exclu la pensée commune et partagée.

L’affaiblissement de l’analyse sociologique dans l’élaboration des politiques publiques d’intégration a laissé place à une gestion technocratique et morale de la diversité, incapable d’anticiper les conflits de valeurs, les replis identitaires et les fractures silencieuses qui traversent désormais la société canadienne. Cela se ressent le plus au Québec dont la société dite ‘’ distincte’’ fait face à de multiples facteurs désagrégeant.

L’Algérie : Une indépendance en processus d’achèvement et des migrations continues

Avec une immigration historique vers la France qui a débuté vers le milieu du 18ième siècle l’Algérie incarne, de manière exemplaire, les contradictions d’un État calqué sur celui de la colonisation longue et destructrice,  adapté au bon vouloir des gouvernants, dès le début de l’indépendance chèrement acquise mais toujours en voie d’accomplissement, il est constaté des formes de gouvernance centralisées, une économie dépendante des hydrocarbures et une participation politique en re-façonnage continu. Il importe d’admette que depuis le Hirak, des changements potentiels apparaissent, ici et là, mais encore marqués par des incohérences et des dysfonctionnements institutionnels et organisationnels évidents notamment dans la désignation des répondants (régionalisme, népotisme, famille révolutionnaire, etc.).

Ces incohérences et ces dysfonctionnements génèrent des blocages structurels nourrissant une désaffiliation sociale profonde, notamment chez les jeunes, et alimentent des flux migratoires continus notamment des cadres vers l’Europe et l’Amérique du Nord.

Les trajectoires migratoires algériennes rappellent une vérité souvent occultée : l’intégration dans les sociétés d’accueil ne peut être dissociée des conditions politiques, sociales et mémorielles des sociétés de départ. Les relations encore conflictuelles entre l’Algérie et son ancien adversaire/partenaire colonial -  la France - mais aussi ses proches méditerranéens soit l’Espagne, l’Italie et la Turquie -  montrent combien le passé continue de peser sur le présent.

La logique prédatrice américaine

L’Iran menacé de frappe par Trump, de l’Irak à la Syrie, de la Libye à la Palestine, du Venezuela à Cuba, sans oublier l’intérêt stratégique croissant pour l’arctique avec le Groenland et dans une moindre mesure le Canada, la politique américaine obéit à une logique constante : s’emparer des ressources naturelles de ces territoires, maintenir l’hégémonie et contenir toute remise en cause de l’ordre qu’elle établit.

Les discours sur la démocratie et le droit international peinent à masquer une pratique fondée sur l’ingérence, la coercition et le rapport de force.

Le paradoxe est désormais évident : ceux qui ont contribué à bâtir les institutions internationales n’hésitent plus à les contourner, voire à les vider de leur substance, lorsque celles-ci entravent leurs intérêts stratégiques.

Conclusion

Convoquée comme métaphore analytique, la notion de Dazoumaahoum permet de penser l’unité des dynamiques contemporaines de domination et leurs effets différenciés. Elle met en lumière une rationalité du fait accompli qui traverse les rapports internationaux, les politiques migratoires et les recompositions internes des sociétés occidentales.

Face à ces transformations, une refondation théorique de l’ordre international s’impose. Celle-ci suppose un dialogue interdisciplinaire entre économie politique, sociologie des migrations et relations internationales, afin de dépasser les approches fragmentées et de restituer la complexité des rapports de pouvoir contemporains.

Cette logique ne produit pas seulement des déséquilibres géopolitiques ; elle fragilise aussi les sociétés occidentales de l’intérieur, en accentuant les fractures sociales, identitaires et politiques.

Sans cette refondation intellectuelle, le Dazoumaahoum continuera de s’imposer comme la norme silencieuse du monde contemporain.

Ferid Racim Chikhi,

Analyste senior \ Conjoncture

 

Bibliographie indicative

Beblawi, H. (1987). The Rentier State in the Arab World. London: Croom Helm.

Bourdieu, P. (1964). Le déracinement. La crise de l’agriculture traditionnelle en Algérie. Paris : Minuit.

Bourdieu, P., & Sayad, A. (1964). Sociologie de l’Algérie. Paris : PUF.

Fanon, F. (1961). Les damnés de la terre. Paris : Maspero.

Hibou, B. (2011). La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale. Paris: La Découverte.

Said, E. (1978). Orientalism. New York: Pantheon Books.

Sayad, A. (1999). La double absence. Paris : Seuil.

Stora, B. (1991). Histoire de l’Algérie coloniale (1830–1954). Paris : La Découverte.

Wallerstein, I. (1974). The Modern World-System. New York: Academic Press.

 

18 nov. 2025

Immigration au Québec : Entre mémoire migrante et avenir citoyen

Combien de temps faut-il à un immigrant au Québec pour devenir Québécois ?


Introduction : Une société en mutation

Le Québec, comme de nombreuses sociétés contemporaines, est confronté à des transformations profondes en ce début du 21e siècle. Parmi ces transformations, l’immigration occupe une place centrale dans les débats politiques et sociaux. Ce texte explore les tensions, les paradoxes et les défis liés à l’intégration des immigrants dans la société québécoise, en mettant en lumière les enjeux culturels, historiques, linguistiques et sociaux.

 

Entre hier et aujourd’hui : une évolution contrastée

Depuis 1995, l’immigration revient régulièrement dans le discours politique québécois, souvent instrumentalisée à des fins électorales. Les immigrants, bien qu’ils se sentent Québécois et Canadiens, sont fréquemment perçus comme des «autres». Le débat public est marqué par des contradictions et des incompréhensions, notamment parce que les politiques tiennent suffisamment compte des besoins réels de la société daccueil et peu ou pas du tout de ceux des communautés ethnoculturelles.

 

Le triptyque sociétal : Famille - Démographie (régionalisation) - Langue française.

 

La famille ne répond pas du tout au profil de la famille québécoise qui depuis les années``60`` s’est totalement transformée. Elle-a évolué devenant un modèle hybride, loin des structures traditionnelles notamment avec les acquis liés à l’égalité des droits entres les femmes et les hommes, l’accès des femmes au monde du travail ainsi que la protection des enfants contre toute forme de violence.

 

La langue française, au sein des communautés ethnoculturelles n’est pas du tout prise en charge dans les réflexions politiques. Elle est fragilisée non seulement par l’influence de l’anglais mais par la diversité linguistique des nouveaux arrivants. Son enseignement aux allophones ne répond plus aux besoins des nouveaux arrivants comme cela fut lorsque ceux-ci arrivaient avec des qualifications de hauts niveaux dans la langue de leurs pays d’origine et une maitrise partielle ou totale de la langue de Molière.

 

Une histoire de l’immigration au Québec

L’immigration au Québec s’est déroulée par vagues successives :

 

·    Du 17e au 18e siècle a vu l’arrivée de communautés chrétiennes européennes (Français, Espagnols, Irlandais, Portugais…).

·    Pendant les années 1930, le profil des nouveaux arrivants a légèrement changé pour voir constater qu’elle était intra-américaines (Allemands, Italiens, Grecs…).

·    Durant les années ``50``et ``60``la poursuite du flux européen a été observé et avec l’arrivée de populations d’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient la diversité s’est accrue.

·    Depuis les années 2000 : On voit une augmentation incontrôlée des demandeurs d’asile et des réfugiés, avec une baisse du nombre de résidents permanents qualifiés.

 

Cette évolution a modifié le profil des immigrants : Ils sont moins qualifiés, moins expérimentés, et souvent porteurs de valeurs peu compatibles avec celles de la société québécoise.

 

La famille immigrante : entre confrontation et adaptation

La famille immigrante d’aujourd’hui diffère de celle des précédentes. Les valeurs des immigrants restent souvent ancrées dans celles de leurs pays d’origine, ce qui crée des tensions avec les normes québécoises. Les politiques d’intégration doivent tenir compte de cette réalité, en adoptant une approche cohérente et humaine. La famille immigrante d’où qu’elle vienne répond aux caractéristiques patriarcales et cultuelles. Les valeurs qu’elle apporte avec elle sont fondées sur des repères et des standards qui n’ont plus court ou le sont relativement peu au Québec.

 

Le statut des femmes immigrantes : un enjeu majeur

Les immigrants sont des êtres humains

 

La Révolution tranquille a permis des avancées significatives pour les femmes québécoises, notamment en matière de droits, d’émancipation et de reconnaissance sociale. En revanche, les femmes immigrantes, souvent issues de sociétés patriarcales, n’ont pas bénéficié des mêmes progrès. Leur féminisme est davantage sociopolitique (lutte contre le colonialisme, contre le totalitarisme, la dictature, pour la reconnaissance des droits) que socioculturel.

 

Les défis sont nombreux : La francisation, l’apprentissage du numérique, l’accès à l’emploi, à la santé, au logement, à l’éducation. L’émancipation des femmes immigrantes est essentielle pour éviter leur marginalisation et favoriser leur pleine citoyenneté. Le soutien aux jeunes filles immigrantes est tout aussi crucial pour leur permettre de s’engager activement dans la société québécoise en devenir.

Cependant, l’émancipation des femmes immigrantes en provenance du Sud est freinée par des pratiques patriarcales, des conflits, des violences aussi bien familiales que communautaires, des influences a distance qui deviennent des handicaps. Au Québec, les luttes féminines ont permis des progrès notables depuis les années 1960. Il est donc impératif d’étendre ces actions aux femmes immigrantes, en favorisant leur autonomie économique, leur accès à l’éducation et leur reconnaissance sociale.

 

Jeunes immigrants : entre chocs culturels et résilience

Je suis Québécois mais mon père est d’origine Algérienne

 

Les jeunes immigrants, qu’ils soient nés au Québec ou arrivés récemment, vivent des chocs culturels multiples : Même si le choc du départ, finit par s’estomper au fil du temps celui de l’arrivée se vit sur le plan identitaire. Le statut migratoire des parents influence leur propre intégration. Souvent, les parents perdent leur statut social antérieur, ce qui affecte la cohésion familiale. Malgré ces obstacles, de nombreux jeunes réussissent brillamment dans leurs études, s’engagent dans des activités communautaires et contribuent activement à la société québécoise. Pourtant, ils sont encore perçus comme des immigrants, même s’ils sont nés ici.

Il dit parler en français mais je ne le comprends pas

Apprentissage du français : un levier d’intégration

La maîtrise du français est essentielle pour l’intégration des immigrants. Les cours de francisation doivent être adaptés aux besoins des apprenants, notamment en milieu professionnel. Les contenus actuels sont souvent insuffisants ou inadaptés.

Les immigrants francophones (issus d’anciennes colonies françaises) ont plus de facilité à apprendre le français que ceux venant de pays anglophones ou moyen orientaux. Cela confirme que le capital linguistique francophone étant lui-même en déclin dans certains pays du Sud, les bassins de recrutement devraient être revus avec d’autres critères.

 

Planification et régionalisation : un défi stratégique

La régionalisation de l’immigration ne peut être prescrite sans préparation. Elle nécessite une coordination entre les lieux d’arrivée et les régions d’accueil, une répartition équitable des ressources, et une réduction des délais de traitement des dossiers. Le document de planification triennale 2026-2029 du gouvernement a fait l’objet de critiques avoir seulement ciblé les seuils en occultant les autres paramètres. La quête d’harmonie sociale exige une réflexion approfondie sur les impacts sociaux de l’immigration, tant pour les Québécois que pour les immigrants eux-mêmes.

Conclusion : vers une intégration réfléchie

A mon humble avis, la planification de l’immigration devrait anticiper les contraintes identitaires, politiques culturelles, sociales et économiques. Elle devrait promouvoir des solutions adaptées aux besoins des populations. Si certains paramètres plaident pour une augmentation des seuils d’immigration (pénurie de main-d’œuvre, vieillissement démographique), d’autres justifient leur réduction (inadéquation des profils, tensions sociales).

 

Le Québec a tout intérêt à repenser ses politiques d’immigration pour favoriser une intégration réussie, mutuellement avantageuse aussi bien pour la société d’accueil que pour les sociétés immigrantes. Cela implique de reconnaître dès le départ les immigrants comme des citoyens à part entière, capables de contribuer aux transformations futures de la société dans toutes ses composantes.

 

Ferid Racim Chikhi

5 oct. 2025

Québec : Pour une immigration qualitative !

Ce n'est pas le nombre qui compte c'est la qualité des profils

En ce mois d’octobre 2025, au Québec, l'immigration se hisse au sommet des dossiers fortement politisés. Qu’elle soit de date récente ou ancienne l’immigration depuis trois décennies attirent les regards de tous les Québécois.

Depuis les années ‘’90’’ et jusqu’à nos jours, si ce ne sont pas des individus ce sont des communautés entières qui sont pointées du doigt. Les noirs ont été les premiers à faire les frais d’une focalisation exacerbée par des propos les uns aussi indignes que les autres dans un Québec qui se qualifie d’accueillant.

Puis, depuis, la fin des ‘’2000’’ ce sont les musulmans qui ont grimpé au podium et de nos jours tous les demandeurs d’asiles qui seraient la cause de tous les maux de la société québécoise.

Pourtant, tous participent au développement d’une société industrielle, qui voudrait encore progresser mais semble faire du surplace, en raison essentiellement d’une navigation sans vue sociétale des gouvernants.

Depuis ce mois d'octobre 2025, les travaux de la commission des relations avec les citoyens de l’Assemblée nationale planche sur la planification de l’immigration pour la période 2026/2029. Le gouvernement et quelques organisations en charge opérationnelle échangent sur ce dossier qui réduit la tension sur ceux de l'économie, de l'industrie, etc. Période pré électorale oblige. Table de concertation des réfugiés et des immigrants, patronat et autres chambres de commerce, organismes spécialisés dans l'accueil, l'installation et l’emploi des nouveaux arrivants, etc, vont en parler jusqu'à la fin du mois.

Avec plus de 600.000 immigrants (tous statuts confondus) arrivés, depuis 2019, en terre Québécoise, il faut admettre que les conditions de leurs accueil ne sont pas toutes réunies : Logement, emploi, santé, éducation, et bien d'autres affaires qui, si elles (les conditions) sont bien réunies feraient le bonheur de tous. Mais, attention, les services en question craquent sous le poids du nombre... et le pire réside à mon avis dans la demande du monde du travail, tous territoires confondus, qui exige plus d'immigrants pour occuper les milliers de postes vacants et l'IA n'est pas pour répondre aux déficits observés, ici et là, et ceux qui selon certains, émergeront si le nombre de (+)90.000 n'est pas atteint en 2026.
Athmane, un demandeur d’asile ayant fui, non pas seulement, son pays mais le continent entier d’où il vient, me confiait : ‘’Ce n’est pas parce que je suis demandeur d’asile que je n’ai pas de qualifications, d’expériences ou de compétences…pourtant, je ne trouve pas de travail’’.

Pourtant, des milliers sont PAB, commis d’entrepôt, agents d’entretien ménager, commis de plancher, agents techniques (ingénieurs), chauffeurs (médecin, architectes), plongeurs (cuisiniers), etc. Pendant, ce temps la CRC entend des organisations dont quelques-unes ne sont pas toujours au fait des problématiques du terrain.

À méditer …!

https://lnkd.in/ekHiYbqJ

L'Algérie face à l'Occident en déclin

  Réponse à ceux qui refusent de voir  le monde changer 📅 Publié sur Algérie Patriotique le 08/02/2026 L’Algérie dérange parce qu’elle refu...